Auteur/autrice : Institut d'Études Bouddhiques

par Dominique Trotignon, Directeur de l’UBE [ce texte est celui d’une conférence donnée le 31 mai 2008, en la cathédrale de Rouen,à l’occasion d’une « Disputatio » boudhisme-christianisme, dans le cadre des « Fêtes Jeanne-d’Arc »] La mort est un phénomène si évident, pour nous, qu’il paraît impossible que quiconque puisse le remettre en cause.« Tous les hommes sont mortels » ; la formule est connue. Et les civilisations elles-mêmes, Paul Valéry nous l’a appris, sont elles aussi mortelles…Nul n’échappe à la mort – les bouddhistes, apparemment, ne disent pas autre chose : une stance du Dhammapada, un recueil d’aphorismes que tous les bouddhistes connaissent, déclare :« Ni dans l’air,…

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À la fin du XIXe siècle, l’art nippon marque profondément les beaux-arts européens, dans un mouvement appelé « japonisme ». Le bouddhisme nippon est aussi une révélation pour la vieille Europe et plusieurs voyageurs rapportent des collections de statues et de peintures de cette religion sans Dieu, à l’instar du célèbre industriel et collectionneur français Émile Guimet.C’est sur ce thème que le Musée d’ethnographie de Genève (MEG) ouvre sa prochaine exposition sous le titre de « Le bouddhisme de Madame Butterfly – Le japonisme bouddhique ».Le « japonisme bouddhique » est un phénomène qui se développe dans le dernier tiers du XIXe siècle. À cette époque, l’Europe s’extasie…

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La « méditation vipassanā » connaît aujourd’hui, en Occident, un succès étonnant… Cette pratique, particulièrement mise à l’honneur dans les pays d’Asie du sud-est suivant l’enseignement bouddhique du Theravāda, est considérée comme « le chemin le plus court » pour atteindre l’Éveil et la Libération. Il existe désormais de nombreux ouvrages évoquant son apprentissage, tel qu’il est enseigné en Thaïlande, en Birmanie ou en Occident, dans des centres ou des monastères spécialement aménagés pour des laïcs. Il est plus rare, en revanche, de disposer de témoignages de son enseignement dans son contexte traditionnel asiatique, notamment au Laos. C’est pourquoi le témoignage d’Amphay Doré…

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L’enseignement bouddhique sur les renaissances est un sujet de débats récurrents, surtout depuis que les Occidentaux s’intéressent au bouddhisme… S’agit-il d’une notion essentielle du bouddhisme ou d’une théorie indienne que le Buddha aurait simplement « intégrée » à son enseignement ? Faut-il y croire ou doit-on faire preuve à son égard d’un scepticisme critique ? Doit-on la comprendre comme une succession réelle de vies biologiques différentes ou, très différemment, comme des états psychologiques qu’on peut (ou non…) connaître au cours de cette seule existence ? On comprend aisément que les Européens hésitent à s’imaginer dans le « cycle incommensurable des naissances et des…

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On affirme souvent que le bouddhisme aurait « emprunté » le principe des renaissances à la culture indienne environnante, plus particulièrement qu’il aurait adapté à sa propre doctrine la croyance hindouiste en les réincarnations. Or, cela fait plusieurs décennies que les chercheurs savent que c’est l’inverse qui s’est produit : c’est sous l’influence du bouddhisme et d’autres mouvements spirituels de l’Inde – comme le jaïnisme – que les brahmanes ont finalement « adopté » cette théorie, qui n’existait pas dans leur propre tradition ! Le résultat des travaux scientifiques met toujours de nombreuses années avant de se diffuser auprès du « grand…

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Le canon pâli est l’ensemble des écritures sacrées de l’école bouddhiste Theravâda. C’est le plus ancien canon complet qui ait été conservé jusqu’à nos jours, de l’immense littérature des écoles bouddhistes indiennes. De plus, selon la tradition, il est aussi le premier à avoir été mis par écrit, dans l’île de Ceylan, aux alentours de l’ère chrétienne.Cela dit, sa première édition imprimée ne date pourtant que de 1900, après avoir été, durant plus de 2000 ans, conservé sous forme de manuscrits sur feuilles de palmes – dont le plus ancien exemplaire conservé date du XVe siècle –, eux-mêmes rédigés sur la…

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Les éditions « Librio » ont publié, en 2005, un petit ouvrage au prix très attractif (2 euros…), intitulé « Enseignements du Bouddha », qui regroupe un ensemble de textes extraits du canon chinois ancien, choisis, présentés et traduits par Jean Eracle. On y trouve notamment un texte célèbre dans le monde bouddhiste de l’Empire du Milieu : le Sūtra en quarante-deux articles, sorte de manuel à l’usage des religieux chinois qui joua un rôle équivalent, en Chine, au tout aussi célèbre Dhammapada, en Asie du sud-est…Inspiré des sūtra du canon indien ancien, ce texte est caractéristique du goût littéraire chinois : aux répétitions incessantes, à valeur…

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On appelle souvent les religions monothéistes les « religions du Livre » – expression d’origine musulmane, évoquant le Coran, qu’on applique aussi désormais au judaïsme et au christianisme, par référence à la Bible. Le bouddhisme, de son côté, pourrait être désigné comme la « religion de la bibliothèque » tant sa littérature est vaste ! Le Canon pâli, à lui seul, représente un ensemble 18 fois plus important que la Bible chrétienne… et il s’agit du plus petit des canons bouddhiques existant aujourd’hui !A côté de recueils ou de textes « fleuves », certains – rares – brillent par leur concision. Ils ont été d’autant plus populaires qu’ils…

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Emblématiques de la pratique tantrique, surtout dans sa dimension non conventionnelle, les « Grands Accomplis » – Mahāsiddha – sont des maîtres indiens qui ont vécu entre le VIIe et le XIIe siècle. Instruits dans les pratiques par de grands bodhisattva comme Mañjuśrī ou Vajrapāṇi, ils ont souvent donnés naissance à des lignées de transmission du Vajrayāna et sont, pour certains d’entre eux, directement à l’origine des différentes lignées actuelles du bouddhisme tantrique, tibétain ou japonais Populaires et souvent vénérés, particulièrement au Tibet, ce sont des personnages dont on peine à savoir s’ils ont eu une existence historique réelle, amplifiée ultérieurement par la tradition,…

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La représentation iconographique d’un Buddha est immédiatement reconnaissable !Dès les origines de la statuaire bouddhique, avant même que le Maître ne soit représenté sous forme humaine, un certain nombre de « signes » ou « marques » (lakṣaṇa) – comme une roue à mille rayons sur la plante de ses pieds – signalaient le « Grand homme » (mahā-puruṣa), jusque dans ses simples empreintes de pied…Aujourd’hui, le grand public est habitué à la « protubérance » crânienne (uṣṇīṣa), à la touffe de poils située entre ses deux yeux (ūrṇā) – qui, parfois, sera remplacée par une pierre précieuse ou un « troisième oeil »… Mais tous les attributs généralement associés au…

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